Marie-Valérie est la quatrième des enfants de l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie François-Joseph Ier et de son épouse l’impératrice Elisabeth ( après Sophie, Gisèle et Rodolphe ). Si les époux impériaux souhaitaient un fils, elle n’en restera pas moins la préférée des enfants de Sissi. Moins connue que sa mère et délaissée par les historiens, Marie-Valérie a tout de même laissé son empreinte à l’histoire : femme cultivée, charitable et véritable soutien de ses parents, elle s’est éteinte prématurément à l’âge de 56 ans. Je vous raconte la vie de Marie-Valérie d’Autriche, la bien-aimée.
Seul enfant réellement désiré par sa mère, Marie-Valérie a obtenu des privilèges que n’ont pas eu ses frères et soeurs. Si son prénom a créé à l’époque une polémique, elle a bénéficié d’une attention particulière et de la possibilité de faire un mariage d’amour, chose rare pour l’époque.
L’archiduchesse est née le 22 avril 1868 à Budapest, en Hongrie. Archiduchesse d’Autriche par sa naissance, elle arrive 10 ans après ses frères et sœurs. On raconte que c’est après le couronnement des époux royaux en tant que roi et reine de Hongrie et la création de la double monarchie en 1867 que François-Joseph propose à sa femme de faire un autre enfant.
C’est un fils qui est désiré, car après Rodolphe d’Autriche il faut assurer la pérennisation de la famille des Habsbourg à la tête de l’Autriche-Hongrie. Mais Elisabeth donne naissance à une fille, Marie-Valérie- Mathilde-Amélie de Habsbourg-Lorraine. Elle est âgée de quatre ans quand meurt sa grand-mère, la redoutée mais affectueuse archiduchesse Sophie de Bavière. Sa sœur Gisèle, âgée de seize ans, est fiancée et mariée l’année suivante à un cousin, le prince Léopold de Bavière.
Elle naît à Budapest, en Hongrie, ce qui lui vaut le surnom “d’enfant de la Hongrie”. Sa mère, allant contre l’étiquette impériale, décide de la prénommer Valérie en référence à la Pannonia Valeria (ancienne province romaine correspondant au sud de la Hongrie ). De plus, une rumeur concernant sa naissance justifie ce surnom : la paternité de Marie-Valérie est attribuée au comte Andrassy, hongrois et bon ami de l’impératrice Elisabeth. Cependant, il n’en est rien tant sa ressemblance avec François-Joseph est flagrante lorsqu’elle grandit. L’archiduchesse ne partage pas avec sa mère l’amour de ce pays, se sentant plus allemande qu’hongroise.
Ce n’est un secret pour personne : Marie-Valérie est la préférée de sa mère. L’archiduchesse décide même de l’élever elle-même, contrairement à ses trois autres enfants, placés sous l’autorité de sa belle-mère l’archiduchesse Sophie et d’une gouvernante. L’impératrice donne pour compagne de jeu à sa fille de cinq ans, sa nièce morganatique Marie von Wallersee-Larisch qui en a quinze. Véritable volonté de bien-faire ou ultime défiance envers la couronne ? Nul ne le sait.
Le grand-frère de Marie-Valérie, Rodolphe, souffre de cette complicité ostentatoire entre mère et fille et se venge sur elle, la taquinant sans-cesse.
Bénéficiant de l’affection sans-faille de sa mère, Marie-Valérie est autorisée à choisir son époux, contrairement à sa soeur Gisèle d’Autriche, mariée à 17 ans à Léopold de Bavière.
Sa mère Sissi, par compassion ou forte des apprentissages de ses erreurs passées, lui conseille de ne pas se marier trop vite et de choisir le bon. Si l’empereur espère qu’elle épouse un membre d’une famille régnante comme le prince héritier de Saxe ou le prince Michel de Bragance, prétendant au trône de Portugal, elle s’y refuse catégoriquement, soutenue fermement par sa mère.
En 1886, Marie-Valérie rencontre François-Salvator, un cousin éloigné de la branche Toscane de la famille Habsbourg. Problème : il existe plus beau-parti, et certains membres de sa famille sont des libéraux opposés à l’empereur. De plus, de nombreux drames comme la mort du cousin de Sissi, Louis II de Bavière, et celle de son frère, retrouvé mort de manière étrange en 1889, viennent retarder les négociations du mariage.
Qu’à cela ne tienne, le 31 juillet 1890, Marie-Valérie, 22 ans, épouse enfin à Bad Ischl son cousin, l’archiduc François-Salvator de Habsbourg-Toscane de deux ans son aîné.
Les débuts du couple sont heureux, mais le prince de Toscane va rapidement voir ailleurs, et devient notamment père à la suite d’une liaison avec une danseuse de l’Opéra de Vienne, Stéphanie Richter. Dix enfants enfants issus du couple naissent tout de même :
L’archiduchesse Marie-Valérie reste proche de ses parents. Elle souffre néanmoins de l’amour envahissant que lui porte sa mère, et qui engendre les moqueries de la cour d’Autriche et de sa famille. Elle supporte tout de même cela sans broncher et est très affectée lorsque Sissi meurt assassinée en 1898. Elle se rapproche alors de son père, François-Joseph, qui à sa mort ( c’est d’ailleurs elle qui lui ferme les yeux en 1916 ) lui lègue notamment le château de Persenbeug et la Kaiservilla de Bad Ischl, villégiature préférée de ses parents.
Marie-Valérie tient quotidiennement un journal et aime écrire des poèmes. Elle reste en Autriche après la révolution de 1918 et crée, pendant la Première Guerre mondiale, des hôpitaux militaires sur ses propres fonds. Elle devient infirmière de la Croix Rouge, ce qui lui vaut à l’époque le surnom d’Ange de Wallsee. À la fin de la monarchie en 1918, elle décide de renoncer à son appartenance à la maison impériale afin de pouvoir conserver ses biens dont la Kaiservilla de Bad Ischl, aujourd’hui administrée par ses descendants.
L’Ange de Wallsee meurt en 1924 d’un lymphome. Elle a 56 ans et est enterrée dans le cimetière de Sindelburg, près de Wallsee. Son époux la suivra en 1939 après s’être remarié avec la baronne Melanie von Risenfels.
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