Anne de Clèves
Personnages historiques

Anne de Clèves, la discrète épouse d’Henri VIII

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Plongez au cœur de l’histoire fascinante d’Anne de Clèves, une figure méconnue de la cour royale anglaise du XVIe siècle. Elle est la quatrième épouse du roi Henri VIII d’Angleterre, mais derrière ce mariage politique se cache une histoire bien plus complexe et captivante. Anne de Clèves est souvent perçue comme la reine malheureuse qui a échappé à une union tumultueuse avec un roi tyrannique. Cependant, cette vision réductrice ne fait pas justice à sa remarquable résilience et à son influence sur la scène politique européenne de l’époque Je vous emmène à la découverte captivante d’Anne de Clèves, une reine qui a laissé sa trace dans l’Histoire

Anne de Clèves : Une princesse née sous les cieux allemands

Anne, fille de Jean III duc de Clèves et de sa femme la duchesse Marie de Juliers-Berg, naît à Dusseldörf en Allemagne en 1515, dans un contexte familial particulier. En effet, sa mère est une fervente catholique alors que son père est un farouche protestant. Si l’on peut dire qu’elle a un physique plutôt passable, ses contemporains louent pourtant son intelligence et sa discrétion.

À l’âge de 11 ans, elle est fiancée au duc de Lorraine, François, qui lui n’a que 9 ans. Ces fiançailles sont finalement annulées pour une raison évidente : François est beaucoup trop jeune encore pour se marier.

Une union épique : son mariage légendaire avec Henri VIII

L’union entre Anne de Clèves et Henri VIII n’a rien d’idyllique : néanmoins, ces deux-là resteront bons amis, contre toute attente.

Le portrait, ancien profil Tinder de l’époque 

Anne de Clèves portrait
Le fameux portait d’Anne de Clèves par Hans Holbein le Jeune

En 1539, alors qu’elle est âgée de 29 ans et considérée comme une vieille fille à marier, Henri VIII, alors roi d’Angleterre, cherche à remplacer sa défunte épouse Jane Seymour, qu’il adorait. Son choix se porte, avec ses conseillers, sur le duché de Clèves, où il y a deux jeunes femmes à marier : Anne et sa sœur Amélia. Le peintre Hans Holbein le Jeune est missionné pour peindre ces jeunes filles afin qu’Henri VIII puisse se faire une idée de leur physique et Henri VIII choisit Anne de Clèves, qu’il trouve charmante en portrait. Le contrat de mariage est scellé entre le duché et Thomas Cromwell le 4 octobre 1539.

Anne de Clèves et Henri VIII : une première rencontre cocasse 

Portrait Henri viii
Portrait du roi d’Angleterre Henri VIII

Une première rencontre est fixée entre les deux futurs époux à Rochester, jolie ville du Kent en Angleterre. C’est la stupéfaction pour Henri VIII : il est très déçu en voyant arriver sa promise et trouve qu’elle ressemble à un cheval. Ce n’est pas le seul problème : Anne ne parle qu’allemand, une langue qu’Henri VIII ne maîtrise absolument pas. C’en est trop pour l’homme déterminé et colérique qu’est Henri VIII : il veut faire annuler les fiançailles, mais c’est impossible, la diplomatie entre les deux parties en serait trop compromise. Il doit donc se résoudre la mort dans l’âme à épouser la sympathique Anne de Clèves.  

Une union surprenante et surtout express

L’union des deux époux est scellée devant Dieu à Londres, le 6 janvier 1540. Anne a dû se convertir à l’Église Anglicane contre son gré, elle la fervente catholique. La nuit de noces est cauchemardesque : le roi Henri VIII refuse de toucher la nouvelle reine, et le 24 juin, soit seulement quelques mois après le mariage, Anne de Clèves doit quitter le palais royal.

Le 9 juillet 1540, le roi fait annuler son mariage, ce qui convient très bien à Anne de Clèves, pour non-consommation de l’union. Quand on connaît les histoires et le comportement d’Henri VIII avec ses épouses, on ne peut que se dire qu’Anne a eu beaucoup de chance de ne pas être désirée par le roi. 

Anne de Clèves, une femme discrète et bienveillante

château d'Hever en Angleterre
Le château d’Hever en Angleterre
©CC BY 3.0

Qui l’eût cru, Henri VIII avait, malgré son sale caractère, la faculté de se faire des amis. C’est le cas avec Anne de Clèves, qu’il garde en Angleterre près de lui et à qui il offre le Richmond Palace et le château d’Hever. Elle reçoit le titre de “sœur bien-aimée du roi” et reste membre honoraire de la famille royale.

Femme intelligente, Anne profite d’avoir l’oreille du roi pour lui proposer une réconciliation avec ses filles, nées de ses précédentes unions : Elisabeth et Marie. Lorsque la cinquième épouse du roi Catherine Howard est décapitée, car accusée d’adultère, Anne y voit là l’occasion de proposer au roi Henri une union, ce qu’il refuse. Le roi d’Angleterre a déjà une nouvelle maîtresse : Catherine Parr, avec qui il restera jusqu’à sa mort.  

Anne de Clèves assiste au couronnement de Marie Ière de la dynastie des Tudors, mais cela signe une de ses dernières apparitions publiques : elle se retire ensuite sur ses terres, où elle accumule une fortune considérable, réseautant à droite et à gauche, et aiguisant ses talents de fine gestionnaire.

Elle ne souhaite pas se remarier, probablement pour ne pas avoir à subir l’autorité d’un homme. 

Anne de Clèves, une fin de vie plutôt paisible

Anne de Clèves les Tudors
Joss Stone en Anne de Clèves dans la série « Les Tudors »
©Showtime

Anne a une fin de vie tranquille : sa santé n’étant plus au beau fixe vers ses 40 ans, la reine Marie Ière l’autorise à changer de maison et à s’installer à Chelsea Manor. En juillet 1557, la santé d’Anne continue de péricliter dangereusement et elle décide d’écrire son testament. Elle gratifie son frère, sa sœur et sa belle-sœur, mais aussi – et cela montre à quel point elle aimait la famille royale – la future reine Élisabeth de ses propriétés dans toute l’Angleterre. En femme généreuse, elle laisse sa fortune à ses serviteurs et prie la reine Marie et sa demi-sœur Élisabeth de leur trouver une place dans une de leurs maisons. Elle finit par s’éteindre à 42 ans, probablement à cause d’un cancer. 




Anis, Anne de Clèves, souvent reléguée dans l’ombre des autres épouses d’Henri VIII, sans doute parce que sa fin est moins tragique, mérite une place de choix dans l’Histoire. Son mariage tumultueux avec le roi a peut-être été un échec. Pourtant, Anne a su réécrire son destin et laisser une marque indélébile dans les annales de l’histoire de l’Angleterre. Elle laisse à la postérité l’image d’une femme pieuse, intelligente, persévérante et généreuse. Anne de Clèves était bien plus qu’une simple reine éphémère de l’Angleterre  : elle était également l’incarnation de force et de résilience. 

Sources :

– https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010062615
– https://www.cosmovisions.com/AnneCleves.htm
– https://panoramadelart.com/analyse/anne-de-cleves-reine-dangleterre
– https://www.chroniques-histoire.com/2020-02-22/anne-de-cleves-quatrieme-epouse-dhenri-viii/
– https://www.europe1.fr/emissions/Aujourd-hui-dans-l-Histoire/6-janvier-1540-henry-viii-epouse-anne-de-cleves-2943374
– https://carnet-dhistoire.fr/personnages-historiques/epouses-henri-viii/