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La bataille d’Azincourt, échec de la chevalerie française (1415)

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La bataille d’Azincourt prend place en pleine guerre de Cent Ans. Elle est l’une des plus importantes batailles de ce conflit, et oppose les chevaliers du royaume de France de Charles VI et ceux du roi Henri V d’Angleterre. Nous sommes le 25 octobre 1415, au sein d’une des plus grandes animosités du Moyen Âge. Revenons ensemble sur l’origine et le déroulé de la célèbre bataille d’Azincourt.

Azincourt : le contexte historique de la bataille décrypté

Reconstitution pour les 600 ans de la bataille à Azincourt

L’Angleterre vient d’envahir le royaume de France. Le roi anglais Henri V tente d’imposer certaines conditions aux Français pour effacer sa revendication de roi de France. Ce souverain souhaite en effet que la France reconnaisse les possessions de Normandie, de Touraine, d’Anjou ou encore d’Aquitaine comme étant anglaises.

Les négociations n’aboutissent à rien, le conseil du 19 avril 1415 autorise l’Angleterre à mener une guerre contre la France. Pour cela, un véritable débarquement de 1 600 navires et 30 000 hommes est effectué en Normandie le 14 août 1415. Henri V mène le siège d’Harfleur fort de plus de 20 000 archers, la ville capitule alors le 22 septembre. Le nouvel objectif des Anglais est Calais, afin de faire d’elle une colonie anglaise. Cependant, les troupes françaises ne les laissent pas faire, et tentent de mettre fin à leur progression au village d’Azincourt.

Bataille d’Azincourt : l’évolution stratégique du champ de bataille

Miniature de la Chronique d’Enguerrand de Monstrelet

Prélude à la bataille : les préparatifs et les tensions

Des négociations sont mises en œuvre entre les deux camps. D’une part, les Français ne veulent pas reconnaître la couronne de France à Henri V, et ne souhaitent pas non plus laisser la ville de Calais aux mains de leurs ennemis. Les troupes anglaises sont épuisées avant de combattre, des suites d’une épidémie de dysenterie dans leurs rangs.

De plus, les Anglais ont déjà remporté deux grandes batailles auparavant, Crécy en 1346 et Poitiers en 1356. Le roi de France Charles VI quant à lui n’est même pas présent sur le champ de bataille d’Azincourt pour des raisons de santé.

Le déroulé de la bataille d’Azincourt

Carte de la bataille d’Azincourt

Les forces françaises en présence sont majoritaires, au nombre de plus de 13 000, variable selon les historiens. Les troupes ennemies sont bien moins nombreuses, environ 8 000. Le terrain choisi pour mener la bataille n’est pas favorable aux chevaliers français, à 250 mètres des troupes adverses. Cette clairière insérée entre deux espaces boisés n’est pas une aubaine pour le déploiement des chevaliers. La terre est fort grasse et très boueuse, à cause des fortes pluies qui ont précédé, ne promettant pas une charge de cavalerie aisée.

C’est ce que choisissent de Français, avançant droit vers les milliers d’archers anglais. Cette attaque est catastrophique dans les rangs français, ne permettant pas de lancer une deuxième vague convenablement.

Le dénouement décisif : Les conséquences finales

Miniature extraite du manuscrit de Martial d’Auvergne, vers 1484, BNF

La bataille d’Azincourt est un tournant dans la Guerre de Cent Ans. L’armée française est terrassée par cette défaite, il faut revoir toutes les stratégies. À la suite de la bataille, le 14 mai 1420, un traité est signé à Troyes au nombre de… trois. En effet, c’est une alliance entre les deux royaumes signée par leurs rois respectifs, Charles VI et Henri V, et le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Le tout est conclu par l’union entre Henri V et Catherine de France, la fille du roi Charles VI.

Un lourd bilan pour la noblesse française

Des chevaliers s’affrontent à Azincourt – miniature

Le bilan humain est conséquent du côté français. Le choix d’une mauvaise stratégie d’attaque mettant en scène les plus grands seigneurs du royaume de France en dangereuse position. L’élite de la chevalerie a été décimée, faisant disparaître des milliers de grands nobles de France, à savoir des ducs, comtes, et connétables.

Les morts sont estimés à 6 000 pour les troupes du royaume de Charles VI, et environ 500 seulement du côté de Henri V. En d’autres termes, c’est l’anéantissement de l’administration royale et de la chevalerie française. La bataille d’Azincourt a ainsi marqué l’Histoire militaire française du Moyen Âge.

Sources :

Minois,G, La guerre de Cent Ans, 2008.
Paladilhe, D, La bataille d’Azincourt – 1415, 2002.

Loïc

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